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Lasse de cette situation qui n'avait aucun sens pour moi, je décidais de les quitter malgré leur effort de me retenir près d’elles. Après m'être séparée d'elles, il m'arrivait de ne plus savoir qui j'étais et où je me trouvais. Quand je marchais dans la rue, le temps semblait s'accélérer pour tout ce qui m'entourait et ralentir pour moi. Je n'arrivais plus à cacher mes pleurs, je fuyais pour me réfugier dans une partie de ma conscience ésotérique. Je menais ma propre vie et tout ça n'avait plus d'importance car je me sentais maintenant bien. Du moins j'essayais par tous les moyens possibles de me le convaincre. Je ne croyais plus en moi et ma foi en l'avenir s'échappait en sombrant dans un firmament illusoire. J'en voulais à Éléonore d'être venue m’arracher Éloïse mais je ne devais plus garder en moi l'espoir qu'un jour elle me reviendrait. Nous vivions dans un flux de vie où notre relation était enrobée de lyrisme et de contemplation. Je voyais en Éloïse l'incarnation de l'univers et sa présence inspirait la vie au plus profond de l'amour.

Chance_meeting_by_Alosa

Sa volupté était de milles éclats, incomparable et fascinant. Nous cultivions l'art de nous aimer. Elle disait que j'étais le remède de ses maux et de son passé, que j'étais celle qui avait réussi à faire battre son cœur dans une ineffable douceur d'amour. Cette sensualité surprenante était l’empreinte d'affection noble et royale. Je me sentais étreinte par ses pulsions et la résonance de ses cris était sincère. Une tendresse inouïe subsistait entre nous. Notre plaisir était comme une rose vivace qui ne connaissait pas de saisons et jamais elle n'avait cessé de m'émouvoir. Elle était la phase délicieuse de notre liaison et notre désir était l'inconscient turion d'un amour effréné.