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 Là-bas, au pied des grands pics, s'éveillait peu à peu sous les premières caresses du soleil le monde de l'infini tandis que plus loin, le fleuve disparaissait dans la forêt. La lune s'effaçait à regret devant l'aurore, suivant la fuite du passé, du présent et de l'avenir. Elena avait acquis un jour la conscience du vivant, mais le souffle glacial de l'hiver la projeta dans la vallée de l'angoisse et des larmes.

      Elle avait souvent été seule, désespérément seule. C'est donc par expérience qu'elle réfuta l'idée de revivre cette solitude qui l'avait tant privée du bonheur. Sauf que personne n'est en mesure de prévoir d'avance ce qui va se passer dans l'avenir. Personne ne contrôle vraiment son destin. Et le destin se montra impitoyable.

      Les semaines passèrent, les deux jeunes femmes faisaient dorénavant chambre à part. Il y avait très peu de discussions entre elles.

      Un samedi matin, à l'aube, pour décompresser, Elena alla se promener en ville. Elle voulait respirer l’air frais matinal. Elle entra dans un parc déserté par les enfants et s'installa sur un banc. Elle avait pour seule compagnie le chant des oiseaux. Le jour exhalait de douces mélodies. Elle aurait voulu être ailleurs, au plus près des nuages, au sommet d'une montagne couverte par la neige éternelle, dans la cordillère des Andes. Ce lieu lui manquait. Et en cet instant, ce n'est que dans son imagination qu'elle parvenait à voyager et à trouver la paix intérieure.